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Deux pays, deux expériences à l’opposé en matière d’éducation

Il y a ceux qui, comme Ségolène Royal, se réfèrent à l’expérience du britanique Blair e la jugent positive et il y a ceux qui se réfèrent, et nous en sommes, à l’expérience révolutionaire du Vénézuéla porteuse d’espoirs et de valeurs désormais oubliées dans la vieille Europe.

à l’heure anglaise...

L’école publique est enfin ouverte au secteur privé en Angleterre.
Microsoft, U.S.B (banque), Toshiba, la compagnie Mercers, l’école Thomas Telford, l’église anglicane, les associations religieuses, tous sont sur les rangs pour devenir propriétaires des terrains et bâtiments des écoles pourtant intégralement payés par des deniers publics.
Le but dans tout ça : faire croire aux parents qu’ils ont le choix et que cela permettra d’élever le niveau des écoles.
Les écoles pourront désormais recruter les enseignants ainsi que les élèves de leur choix.
Concurrence entre établissements, sélection entre riche et pauvre, l’école d’Angleterre est désormais l’école du sponsoring privé.

Même si ce texte est passé grâce aux voix des conservateurs, nombreuses sont les voix en Angleterre qui s’élèvent contre ce type d’école et la récente claque électorale que vient de recevoir Blair aux dernières élections n’est sans doute pas étrangère au mécontentement des parents d’élèves.
Dire qu’en France une certaine Ségolène trouve que la politique de Tony Blair est intéressante à plus d’un titre doit nous interpeller pour la suite, si toutefois, elle est proposée à la candidature suprême !
Nous au Citoyen, ce n’est pas de ce genre d’école que nous voulons pour nos enfants, ni pour la France.
Introduire des intérêts privés dans les services publics et livrer notre jeunesse à la convoitise des églises et des entreprises privées ne font pas partie des choix que nous partageons, pas plus que la grande majorité des français qui l’a fait savoir le 29 mai 2005.
Et, il ne s’agit certainement pas d’un programme propre à renforcer la cohésion sociale et favoriser l’égalité des chances si chères à certains députés... en théorie s’entend.

Béatrice ROLLAT

Vénézuéla : la révolution dans l’éducation publique

En octobre 2005 le Vénézuéla a été reconnu publiquement “territoire libre d’analphabétisme” par l’UNESCO. Ce travail gigantesque, qui a permis d’alphabétiser deux millions de personnes, s’est appuyé sur la création de centres d’alphabétisation dans l’ensemble d’un immense territoire, jusque dans les communautés indigènes (ou l’alpha- bétisation a été menée de manière bilingue espagnol/indigène). La méthode choisie était le “yo si puedo”, inventée á Cuba et primée par l’UNESCO - une méthode qui consiste à associer l’apprentissage de l’alphabet à l’usage de chiffres. Ce succés permet de l’étendre à d’autres pays d’Amérique Latine, comme la Bolivie, dans la foulée des efforts d’intégration politique revitalisés par le basculement á gauche du continent.
Après cette mission d’alphabétisation, baptisée Mission Robinson I, la mission Robinson II a pris le relais pour accompagner les alphabétisés jusqu’au sixième degré de l’éducation primaire, en organisant les classes de langue, mathématique, histoire universelle, géographie et sciences naturelles.
Ce processus d’alphabétisation et de mise à niveau de l’école primaire, est un des programmes que le gouvernement de Hugo Chavez a enclenché pour affronter des problèmes sociaux comme le déficit des services de santé, la pauvreté et le chômage. Grâce aux ressources issues de la renationalisation de l’industrie pétrolière, grâce au rétablissement du service des impôts jusque-là largement ignorés par l’entreprise privée, l’Etat finance un plan accélèré de constructions ou de repartions d’écoles, de lycées, de centres universitaires á travers tout le pays.
Le Vénézuéla sort d’une situation d’exclusion de 80 % de la population de l’éducation secondaire et supérieure. La pauvreté signifiant, ici comme ailleurs, un taux élevé de désertion scolaire. Notamment par l’obligation de travailler pour les enfants. Dans les centaines de lycées bolivariens construits en un an, en plus de la gratuité du matériel scolaire, les enfants reçoivent trois repas par jour, ce qui est une forme pratique de lutter contre la désertion scolaire.
La Mission Ribas permet à 5 millions de personnes de reprendre leurs études jusqu’au bac et de s’intégrer à l’éducation supérieure. Lui fait suite la Mission Sucre avec l’intégration progressive de 400.000 titulaires du bac exclus de l’éducation supérieure, appuyés par des services étudiants intégraux.
Parmi ces missions éducatives, germes de structure d’un nouvel Etat, il faut aussi compter la "Vuelvan Caras", mission de formation socio-professionnelle qui a pour but d’incorporer des millions de vénézueliennes à la récupération et à la transformation du modèle productif (coopératives, projets de développement endogène, durable, etc..). Il faut y ajouter l’Education interculturelle-bilingue, l’universalisation de l’éducation initiale, préscolaire et spéciale, la revalorisation du sport scolaire, la récupération des écoles techniques, le Plan national de Lecture et les bibliothèques familiales, la démocratisation de l’usage d’internet.
Dernière pierre apportée à cet édifice, l’université bolivarienne, apporte une réponse à l’exclusion des secteurs populaires du système universitaire. 90 % des 22000 étudiants de l’UBV sur le plan national proviennent des secteurs populaires. Il s’agit de repenser le modèle universitaire, par la création d’extensions régionales (aldeas universitarias) qui permettent la reconnection de l’enseignement universitaire avec les besoins du développement national.
Philosophiquement, la révolution bolivarienne reprend les concepts de la participation protagonique, établis par la nouvelle constitution bolivarienne, et les injecte dans le processus d’enseignement/apprentissage et de l’enquête-reflexion-action (au lieu de la mémorisation acritique et non-réflexive des élèves soumis à un maître autoritaire). Ce qui implique la curiosité intellectuelle et l’attitude critique face á l’autoritarisme académique. La révolution éducative au Vénézuéla part du concept novateur de “communauté éducative”. L’école bolivarienne y est un espace communautaire de santé et de vie, pour la production, la créativité. Le professeur et les élèves construisent des espaces de connaissance en lien avec la réalité qui entoure l’école. L’approfondissement de cette politique gouvernementale vise ainsi la formation intégrale de citoyens de la République, pratiquant une démocratie authentique.

Thierry Deronne


 
 
 
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