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Retour du Vénézuéla : impressions de René BALME

Invité par la chaîne de télévision nationale VIVE et par la ville de Linares Alcantara avec laquelle la ville de Grigny a décidé de se jumeler, René BALME a été reçu très chaleureusement par le peuple vénézuélien. Dans l’interview qu’il a donnée au CITOYEN il nous parle avec émotion d’une expérience unique au coeur de la révolution bolivarienne.

Le CITOYEN : Peut-on parler de voyage officiel et quels ont été ses éléments déclencheurs.

René BALME : Oui, il s’agissait bien de cela. Depuis de longues années j’ai noué des liens à travers le monde avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs que moi. Ces choses là ont été possibles grâce à Internet - cet outil qui rapproche les hommes et que je ne cesse de défendre. Thierry Deronne fait partie de ces connaissances, avec qui j’ai mené quelques luttes idéologiques en permettant la diffusion de certaines informations censurées par les grands médias privés ou publics. C’est donc lui, en sa qualité de vice-président de VIVE qui m’a invité à la rencontre du peuple vénézuélien.

Le CITOYEN : Tu as visité les « barrios » de Caracas, quelles ont été tes impressions ?

René BALME : Le quartier populaire (barrio) que j’ai visité est l’équivalent de la ville de Lyon - 500 000 habitants. On est dans une autre dimension. J’y ai rencontré la jeunesse qui fait preuve d’une maturité et d’une conscience politique qui force le respect. Ils sont tous, malgré leur jeune âge, imprégnés par l’histoire de leur pays et sont porteurs d’une volonté farouche de relever le défi de la reconstruction. C’est ce qui explique cette forte mobilisation et une adhésion sans faille au processus révolutionnaire initié par le président Chavez. J’y ai vu la démonstration de ce que peut être un peuple - particulièrement uni - qui prend son devenir en main. Et j’ai rencontré dans ces quartiers, qu’aucun étranger ne visite, des êtres étonnants de vérité et de gentillesse. Une jeunesse qui ressemble à la nôtre quand elle se mobilise pour des grandes causes comme c’est le cas contre le CPE. Une population qui ne connaît pas le racisme ni la peur de l’autre force le respect.

Le CITOYEN : Tu as rencontré les paysans sans terre ?

René BALME : Oui. Ce fut, aussi, un grand moment. Il faut savoir que la loi sur la terre leur donne la possibilité de récupérer la terre de leurs ancêtres. Celle-ci est toujours aux mains de grands propriétaires fonciers qui n’en cultivent qu’une infime partie. Mais la loi n’est pas respectée et les paysans sont forcés de se regrouper et de mener des actions fortes pour forcer les propriétaires à l’appliquer. Il y a chez ces paysans de la noblesse et du courage dans leur lutte pour une autosuffisance alimentaire, locale, mais aussi nationale. Car c’est de cela dont il s’agit avant tout.

Le CITOYEN : Les média associatifs ont dû particulièrement t’intéresser ?

René BALME : Effectivement. J’ai rendu visite à deux télévisions associatives : Teletambores qui fonctionne depuis 2001 et qui a son siège à Linares Alcantara et Camunare Rojo qui est une télévision gérée essentiellement par des paysans. Le gouvernement Chavez a légalisé les médias libres et apporte une aide conséquente à ces télévisions. Il faut rappeler qu’au Vénézuéla 90 % des médias sont anti-Chavez et que c’est un déferlement médiatique permanent contre la révolution Bolivarienne. L’intérêt des radios et télévisions libres est évident et ceux qui s’y investissent le font avec passion et professionnalisme.

Le CITOYEN : Et le jumelage ?

René BALME
 : Le bureau municipal a donné son aval pour matérialiser un jumelage avec Linares Alcantara. J’y ai été reçu avec beaucoup d’enthousiasme. Hugo Peña, le maire, est un homme remarquable. Il doit faire face, avec sa municipalité, à un défi considérable qui consiste à recréer du service public dans une ville de 250 000 habitants qui n’a même pas de cadastre et où personne ne possède de titre de propriété. L’état dans lequel la droite corrompue à la solde des USA a laissé le pays est impressionnant. Tout est à reconstruire. Et la démocratie participative qui est inscrite dans la constitution est un outil dont se sont appropriés les habitants. Ce sont eux qui décident des priorités. Ils s’investissent physiquement au sein des comité des terres urbaines chargés de réhabiliter des quartiers entiers.
Il y a là un puissant élan de solidarité porté par une vision politique à long terme qui m’a rendu très optimiste.

Le CITOYEN : donc, Chavez : populiste, dictateur ou visionnaire ?

René BALME : Visionnaire à coup sur. Et porteur d’un socialisme dépoussiéré de toutes ses anciennes erreurs. De plus et je le rappelle parce que l’intelligentsia française de la gauche caviar l’oublie un peu vite, Chavez a été élu démocratiquement. Il a fait face à un référendum à mi-mandat qu’il a gagné avec 59 % des suffrages. Il a été remis au pouvoir par le peuple après un coup d’Etat médiatique. Rares sont les chefs d’états au monde qui ont la légitimité de Chavez. Il ne faut jamais oublier cette donnée essentielle lorsque l’on entend les USA se poser en donneurs de leçons de démocratie. Il est bon parfois de balayer devant sa porte.


 
P.S.
 
 
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