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Respect du droit au logement

Conférence de presse
6 mars 2006
Club de la Presse de Lyon

La situation actuelle du logement en France, qui génère exclusion et expulsions, est caractérisée par une mise en cause du droit élémentaire de disposer d’un logement adapté à ses besoins sans pour autant mettre en péril le budget des familles.
Depuis près de trente ans la situation du logement et particulièrement celle du logement social, se détériore.
A la fin des années 70, la loi Barre en transformant l’aide à la pierre en aide à la personne à concentré les familles en difficulté sociale et professionnelle dans des quartiers que l’on qualifie aujourd’hui de « sensibles ».
Les années 80 ont été marquées à la fois par un accroissement de l’accession à la propriété et par un développement important du chômage et de la précarité du travail. Durant cette période, la loi Méhaignerie à contribué à une hausse importante du taux d’effort des familles en ouvrant aux bailleurs privés et publics la possibilité de « libérer » les loyers.
Les années 90 ont connu un fort ralentissement de la construction de logements sociaux et l’apparition du « sur loyer » qui a évincé, par de fortes augmentations, les familles à revenus stables. Celles-ci ont été contraintes de se loger dans le secteur privé. Le phénomène d’appauvrissement s’est généralisé dans toutes les cités populaires. Dans le même temps les familles qui ont cru au mirage de la maison individuelle se sont retrouvées liées par des emprunts pour de longues années.

Les années 2000 n’ont pas renversé le sens de ce mouvement, bien au contraire. La loi Robien qui finance les « investisseurs » par d’importantes réductions d’impôts et la récente loi de Solidarité et Rénovation Urbaine (dite loi SRU) ne répondront pas aux besoins du plus grand nombre.
Récemment, un député UMP M. Ollier, a même proposé et fait voter par l’Assemblée Nationale un amendement visant à faciliter le refus de certains maires de créer les conditions pour qu’au moins 20% du parc locatif de leur ville relève du secteur social et soit accessible à tous. Cet amendement doit être abrogé.
Aujourd’hui, l’aggravation des problèmes de logement ne concerne pas seulement les jeunes couples. Elle touche très fortement les jeunes en général dont beaucoup connaissent le chômage et la précarité du travail. Elle touche aussi les familles monoparentales de plus en plus nombreuses, et les retraités qui voient leurs retraites rétrécir comme peau de chagrin.
En bref, la situation actuelle est génératrice d’exclusion et d’expulsions pour essentiellement trois raisons :

- La pénurie de logements locatifs accessibles à tous.
- Le niveau de loyer qui n’est pas adapté aux ressources des jeunes, des familles, des retraités.
- La dégradation quasi générale du niveau de vie et une augmentation de la misère.
C’est ainsi que, dans le seul département du Rhône, 48000 demandes de logements ne sont pas satisfaites, - sans parler des dizaines de milliers de personnes qui ont du renoncer- .Ce sont des centaines d’expulsions et de saisies qui sont programmées. Sans cesse il faut se priver davantage pour pouvoir payer son loyer et trouver un modeste logement devient un véritable « parcours du combattant ».
Le 15 mars prochain, après ce que les pouvoirs publics ont l’arrogance d’appeler « la trêve hivernale », la guerre contre les pauvres va reprendre de plus belle. La passivité de ces mêmes pouvoirs publics est patente. Une charte a été conclue sur le papier entre les bailleurs, des associations et la Préfecture, mais elle n’est pas efficacement mise en œuvre pour aborder au cas par cas les problèmes rencontrés par les familles au bord du gouffre et les résoudre. Les dettes de loyer continuent de progresser, en parallèle avec le chômage et la précarité du travail.
Pour toutes ces raisons des associations, des formations politiques et des élus se sont regroupés pour agir contre les expulsions et plus généralement pour une politique du logement qui réponde aux besoins de tous. Ils ont demandé audience au Préfet, représentant de l’Etat dans le département.

Le 15 mars à partir de 18h, associations, partis et élus appellent à un large rassemblement devant la Préfecture du Rhône. Les uns comme les autres populariseront cette initiative à l’échelle locale ou départementale, auprès de ses adhérents et plus généralement auprès de la population.
Les participants à cette manifestation exprimeront des exigences précises :

La mise en œuvre d’une politique ouvrant le logement social à tous ceux qui en ont besoin

L’interdiction des expulsions

La séparation des dettes de loyers et des frais d’huissier

L’augmentation des aides et compléments de ressources

La mise en œuvre effective de la « Charte préfectorale »

Que Droit au logement, parce que c’est un droit fondamental de la personne humaine devienne opposable en justice.

Lyon le 6 mars 2006
Daniel ROYER
Président du CITOYEN


 
P.S.

Photo : Béatrice Rollat, responsable du collectif logement.

 
 
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