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Sale temps pour la littérature

Le passe-temps à la mode de ceux qui prétendent nous gouverner semble être
l’écriture si l’on en croit les dernières publications. Les médias soutiennent ces
opérations de « marketing » par des pilonnages intensifs et en continu. Le service
public - qui l’est de moins en moins - participe sans état d’âme à la promotion de
ces « ouvrages » censés nous faire aimer ceux qui nous paraissent, et qui sont, les
plus détestables.

L’étalement de la vie privée du couple SARKOZY rivalise avec les aventures
érotico-amoureuses de la dernière chanteuse jetable à la mode. De la photo
« volée » vendue à prix d’or à la dernière indiscrétion soigneusement entretenue,
certains magazines semblent repousser sans cesse les limites de l’indécence et de la
cupidité. Pourvu que les caisses se remplissent pendant que les cerveaux se vident
semble être le seul mot d’ordre d’une certaine presse et d’une autre certaine
édition.

Et nous cherchons en vain, dans ces écrits insipides, une trace de programme,
une esquisse de ce qui pourrait être un projet de société, une lueur d’espoir qui
nous ferait rêver. Rien. Que de l’autosatisfaction, des états d’âme sans intérêt et
l’étalement des querelles politico politiciennes entre ceux qui hier étaient de
véritables amis et qui aujourd’hui se détestent cordialement.

Quel intérêt y a-t-il à savoir que SARKOZY nourrit une critique admirative à
l’égard Chirac qui lui le déteste superbement pendant que DE VILLEPIN trouve
des qualités à Untel qui lui n’adresse plus la parole à Un autre qui est fâché avec
le mari de la femme de... ? Je vous le demande et j’apporte la réponse : aucun.

La seule chose que l’on demande avec insistance à nos dirigeants, à nos élus,
quelle que soit leur couleur politique c’est, a minima, de respecter le programme
sur la base duquel ils ont été élus et en second lieu d’être à l’écoute et au service
du peuple qui leur a accordé sa confiance.

Force est de constater qu’au delà de l’autosatisfaction romanesque et des
indiscrétions d’alcôve, la fin de règne qui nous est servie au plus haut niveau de
l’Etat ne laisse plus beaucoup de place à la démocratie et à l’écoute des citoyens
que nous sommes. Et si DEVEDJIAN ou BAYROU dénoncent la « monarchie
absolue », il n’est pas excessif de mettre en avant une certaine forme de dictature.


 
 
 
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