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L’école au service de qui ?

L’école que nous connaissons aujourd’hui est intimement liée à la République. Elle tire ses origines de la Révolution Française. Cette vision s’explique par le fait que la République souhaite se détacher de l’église catholique et de la noblesse. Il ne faut pas être dupe, l’éducation Nationale a hérité d’une longue histoire qui remonte à l’Antiquité. Une histoire où l’église joue un rôle majeur.

Le but de l’église n’était pas de transmettre des savoirs mais d’assurer le salut éternel des élèves et de rassembler les chrétiens dans l’orthodoxie. En faisant de la Révolution Française, le point de départ de l’éducation nationale, l’école républicaine crée un mythe. En effet, notre dispositif scolaire n’est pas mis en place durant cette période, mais c’est à ce moment là que les théories se discutent et s’élaborent (liberté, gratuité, obligation, laïcité, programme, esprit et mission du système éducatif). Pour Condorcet (comité de l’instruction publique), le fonctionnement de la République est lié à l’éducation qu’elle donne aux citoyens. C’est pourquoi l’instruction est un devoir de la puissance publique, devoir paradoxal puisque la force publique y organise la liberté du citoyen. L’instruction publique existe dans la théorie, mais les réformes ne se mettent pas en place. Le XIXe siècle va être marqué par une lente évolution vers l’éducation nationale. Une des premières réformes est celle de François Guizot en 1833 : une école élémentaire par commune, une école primaire supérieure pour chaque canton de plus de 6 000 habitants et une école normale pour former les instituteurs par département. Sous la IIIe République, les lois scolaires sont les plus importantes, le ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry, rend l’école gratuite, obligatoire et laïque. L’église catholique perd de son influence dans l’école.

L’éducation nationale s’est peu à peu débarrassée de l’influence de l’église dans l’école, en revanche, elle est toujours inégalitaire car il existe deux types de scolarité : l’école du peuple (le primaire) et l’enseignement des élites (le secondaire). Ces deux parcours scolaires vont se fondre en un seul et en 1975 la réforme Haby donne naissance au collège unique. En 1985, cela se traduit par la volonté de conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Par toutes ces réformes, il y a une tentative de démocratiser l’éducation nationale. Le problème, c’est qu’elle n’a pas eu lieu et elle a fait apparaître l’échec scolaire. L’éducation nationale a tenté de faire marcher l’ascenseur social par l’instruction alors qu’elle n’a fait qu’entrer dans la massification. L’école reproduit la société, les classes défavorisées sont laissées de côté. La classe moyenne mise sur l’école pour faire progresser socialement leurs enfants. Les classes supérieures bénéficient dès le départ d’avantages que n’ont pas les classes défavorisées. Dans ces conditions, l’école ne peut être que le reflet de la société. Il faut lui donner les moyens de faire changer les choses et faire croire en l’école.

Xavier Trezam


 
 
 
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