{id_article}
 

Lycée Picasso : une grève pour un enseignement professionnel public de qualité

D ès le 4 février dernier, 98 % des enseignants du lycée professionnel Pabo-Picasso de Givors étaient en grève pour dénoncer une « Dotation Horaire Globale » inacceptable pour leur établissement : 15 % de baisse soit 100 heures de cours de moins pour assurer une offre de formation de qualité.

Conséquence directe de la réforme de la formation professionnelle engagée en 2009 par le gouvernement, malgré, n’en déplaise à M.ODO, des mobilisations fortes des enseignants et des élèves, cette Dotation Horaire Globale aura des conséquences lourdes pour les élèves du secteur :
offre de formation réduite sur le bassin de recrutement, avec la non ouverture pourtant prévue de deux sections de CAP, et la réduction de la capacité d’accueil en électronique.

Impossibilité pour une majorité d’élèves de Terminale BEP et CAP de poursuivre dans leur établissement, ce qui laisse alors peu ou pas de solutions de poursuite d’étude sur le secteur (et l’on connait les difficultés de poursuivre une scolarité en y ajoutant des temps de transports importants).
Dès la rentrée, des classes surchargées (30 par classe), une qualité de l’enseignement dégradée.

Cette DHG remet aussi en cause l’investissement des enseignants (5 postes supprimés, des compléments horaires à effectuer dans d’autres établissements) et des équipes pédagogiques jusque-là très fortement mobilisées pour la réussite des élèves. Alors même que les nouveaux programmes prônent une pédagogie de projet, on conduit au contraire dans les actes au désengagement des enseignants.

Alors même que les élèves accueillis ont besoin de cadre, d’effectifs adaptés pour leur permettre de sortir par le haut d’un système scolaire qui les a parfois malmenés, on impose des augmentations d’effectifs insupportables.

L’enseignement professionnel pour ne pas être comme trop souvent à tort considéré comme un voie de garage doit donner aux équipes les moyens nécessaires à la construction de parcours scolaires riches et variés, solides dans le contenu. C’est ce qui était possible jusque là au Lycée Picasso, où malgré les difficultés, de nombreux jeunes pouvaient bénéficier d’enseignement de qualité, avec des équipes motivées.

C’est une casse programmée de l’offre d’enseignement public professionnel qui est mise en œuvre par la droite au pouvoir. Elle correspond à la volonté de démantèlement du service public : depuis 2002 ce sont près de 100 000 postes qui ont été supprimés dans l’éducation alors même que les effectifs augmentent. Et le mouvement s’accélère : 11 000 suppressions en 2008, 13 500 en 2009, 16 000 programmées en 2010.

Alors le ministère Chatel peut bien faire de la poudre aux yeux en développant les Réseaux de réussite scolaire, les pôles d’excellence (deux dispositifs auxquels appartient le Lycée Picasso), en matière d’éducation on ne fait pas mieux avec moins ! Il ne suffit pas de dire que le système éducatif doit donner à tous les jeunes une chance de s’en sortir, encore faut-il y mettre les moyens. Et en matière d’éducation, les moyens ce sont des postes de profs, formés qualifiés, pouvant s’impliquer sereinement dans des projets pédagogiques. C’est tout le contraire de la précarité, de la gestion à court terme.
Il faut une politique éducative ambitieuse et cela nécessite clairement des moyens. On en a bien trouvés quand il a fallu sauver les banques et les profits de quelques uns !

Laurent Servonnet


 
 
 
Forum lié à cet article


bouton radio modere priori

forum info modere

form pet message commentaire
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

    texte
Qui êtes-vous ?

 
 
Les derniers articles
 
Fils de nouvelles RSS

Le monde d’après [tiré de Oulala le 24 juillet 2015]

Le commerce de la mort [tiré de Oulala le 24 juillet 2015]

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 1960

Thèmes