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N° 28

12 et 13 Juillet à Grigny, Assemblée Générale des Faucheurs Volontaires

La loi sur les OGM vient d’être votée aux forceps. C’est une loi qui autorise la contamination et qui va à l’encontre des décisions du Grenelle de l’environnement où il était question de garantir le droit à produire et à consommer sans OGM. La pression citoyenne avait été forte depuis le blocage du Port de St Nazaire, lors de la dernière AG des Faucheurs Volontaires en juillet 2007. Les discussions qui s’en suivirent ont permis d’inscrire la question des OGM au menu du Grenelle et à la promesse d’un moratoire sur les cultures d’OGM en plein champ.

Il a fallu une grève de la faim en janvier 2008 pour que cette promesse soit enfin tenue et que le gouvernement demande à l’Union Euro-péenne l’application de la clause de sauvegarde, la Haute Autorité ayant émis des doutes sur le MON 810, la seule variété de maïs OGM autorisée en Europe

Très vite, il fut question d’une loi. D’un côté, les firmes semencières (Monsanto, Pioneer, Limagrain…) qui sous les faux prétextes de développer la recherche et lutter contre la faim dans le monde, faisaient pression pour un texte peu contraignant, et de l’autre des citoyens de plus en plus nombreux, des collectifs de vigilance, et les Faucheurs Volontaires, qui militaient pour que cette loi garantisse le droit et la liberté de produire et de consommer sans OGM.
Le texte de loi, après bien des péripéties est maintenant adopté. Il consacre le droit de contaminer. C’est un véritable hold-up à l’encontre du bien commun que représentent les semences paysannes, la biodiversité et la santé humaine et animale.

Qu’est-ce que le Mouvement des Faucheurs Volontaires ?

Né en 2003 lors du rassemblement sur le Larzac, sous l’impulsion de Jean-Baptiste Libouban, il regroupe aujourd’hui 6 000 citoyens qui se sont engagés personnellement à participer à des actions de désobéissance civile. Considérant que le gouvernement encourage les intérêts privés au détriment de tous et de la terre, que la loi privilégie l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général, criminalisant ceux qui osent l’enfreindre, ces citoyens considèrent qu’il ne reste plus que la désobéissance civique, pour que les institutions démocratiques redeviennent des instances indépendantes de défense et de préservation du bien commun.
Dans l’état de nécessité actuel, le Faucheur s’engage à neutraliser les cultures OGM en plein champ Agissant à visage découvert et par des actions non-violentes, il est conscient des risques encourus (amendes, prison)
Rappelons que le le 1er fauchage en France a eu lieu dans la région en 1997. Il s’agissait d’un colza de Monsanto à St Georges d’Espéranche (38)
Entre 2003 et 2005, une grande partie des essais OGM ont été neutralisés en France par les Faucheurs. Avec l’autorisation de 20 000 hectares de Mon810 en 2006, les fauchages devinrent davantage symboliques.
On peut dire qu’en France, c’est l’action des Faucheurs volontaires qui a amené la question des OGM sur la place publique et qui a cristallisé la résistance à cette technologie totalitaire.
A noter la naissance de résistances en Europe, puisque des mouvements semblables se développent en Allemagne, Espagne, Angleterre, Pologne, Portugal… Des délégations de ces pays seront présentent à Grigny lors de la prochaine AG

Les OGM, quels dangers ?

Une plante génétiquement modifiée, c’est une plante dont le génome a été modifié de manière à ce que chacune de ses cellules produise une protéine insecticide pour lutter contre un insecte, ou qu’elle soit capable de résister à une pulvérisation massive de désherbant chimique. Dans les 2 cas, c’est une plante insecticide, une plante gorgée de pesticides. De plus en plus d’études montrent les dangers des pesticides sur la santé des utilisateurs et des consommateurs : cancers, problèmes d’allergies, de défense immunitaire, de développement embryonnaire…
Consommer des plantes-pesticides, ce n’est pas neutre. Une remarque au niveau de la législation actuelle qui impose un étiquetage si le produit contient plus de 0.9% d’OGM, mais s’il s’agit de produits issus d’animaux ayant consommé des OGM, comme les viandes, œufs, produits laitiers…, la mention « contient des OGM ne figure pas ». Or 80% des OGM passent dans la nourriture des animaux.
Un autre danger, c’est celui de la contamination des cultures bio ou non-OGM par le pollen, par les graines, par les méthodes de travail ou le matériel… Cette contamination est irréversible et le paysan perd son droit à produire sans OGM.
Ceci profite largement aux firmes qui peuvent alors exiger des royalties au paysan contaminé, puisqu’elles ont breveté le transgène et en ont la propriété.
Ce hold-up sur le vivant n’a qu’un objectif : la conquête du marché mondial de la semence. Ce scandale s’accompagne d’artifices législatifs qui, par exemple, interdisent au paysan de ressemer ou d’échanger les semences issues de sa propre récolte…
Ces pratiques constituent une atteinte grave à la souveraineté alimentaire des peuples.

Quelles résistances aujourd’hui ?

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas fini, et que l’essentiel va se jouer dans la société. Car maintenant qu’ils ont ouvert la porte, il va falloir qu’ils fassent entrer les OGM. Et ce sera une autre paire de manches. Parce que c’est dans les territoires, là où nous vivons, que cela se décidera. Et là, il y a plus de citoyens et de paysans au km2 que d’agents de Monsanto, de députés et sénateurs UMP et de CRS.
Cette loi, il faudra un jour l’abroger, le plus vite possible. Mais tout de suite, notre responsabilité est de barrer concrètement la route à la reprise de la contamination OGM. Comme l’expérience le montre, on n’est pas démuni de moyens pour empêcher les cultures d’OGM en plein champ. Parmi d’autres moyens, une bataille s’engage déjà pour l’interdiction des OGM commune par commune, dans la foulée de ce qui se fait à Millau où la municipalité prépare un arrêté d’interdiction plus difficile à casser par les préfets que les précédents. Nous pouvons aussi renforcer l’action contre les importations d’OGM pour l’alimentation animale, et entre autres pour l’étiquetage et le refus des produits issus de cette alimentation OGM. Le combat est aussi en train de se renforcer à l’échelle européenne.
Parmi tous les moyens disponibles, il en est un qui est à la portée de chaque citoyen : son comportement quotidien, en particulier de “consommateur”. Car les OGM sont liés à un modèle d’agriculture. Tout ce qui fait vivre et développe un autre modèle d’agriculture et de rapports entre les paysans et la société barre la route aux OGM et aux prédateurs qui les imposent, ces multinationales des semences et des pesticides qui veulent contrôler l’alimentation mondiale. Par exemple : le développement des AMAP et de tous les circuits courts, le développement de l’agriculture paysanne. La bataille autour des semences et de la biodiversité. Les actions solidaires et les échanges avec les paysans et peuples du Sud qui se lèvent dans les émeutes de la faim.

Assemblée Générale à Grigny

Pour les Faucheurs Volontaires d’OGM, l’Assemblée Générale des 12 et 13 juillet prochains sera un temps fort de mobilisation et de solidarité pour les 4 à 500 faucheurs attendus. Dans un atelier « désobéissance civile non-violente » nous verrons comment nous pouvons, par le fauchage et d’autres moyens, continuer à atteindre nos objectifs. Dans un autre atelier nous réfléchirons à notre place dans la société civile à côté des autres organisations anti-OGM, notamment, par exemple, pour entraîner les collectivités locales à refuser l’implantation des cultures OGM sur leurs territoires. Enfin, dans celui sur la solidarité, il s’agira d’approfondir le contenu de l’engagement de chacun dans « la charte du faucheur » : après avoir fauché, il nous appartient de rester mobilisés pour en assumer les conséquences !
Lors de cette AG, nous accueillerons des désobéissants civiques d’autres pays européens, car agir de manière concertée à ce niveau de décision est une nécessité pour répondre aux différents défis qui sont ouverts en Europe : Ne laissons pas les firmes et les scientifiques décider sans les citoyens de l’avenir des OGM !

Merci à Grigny et ses habitants

Les 12 et 13 juillet prochains, des Faucheurs Volontaires viendront de toute la France et d’une partie de l’Europe à Grigny pour ce rendez-vous important dans la vie du mouvement. Nous sommes très heureux d’être accueillis dans cette ville où la démocratie participative n’est pas un vain mot, cette démocratie qui a été tant bafouée à propos de cette question des OGM, comme de bien d’autres d’ailleurs.
Merci à Grigny, ses habitants et sa municipalité pour cet accueil.
En dehors de nos séances de travail, nous aurons sans doute l’occasion d’échanger avec un certain nombre de grignerots. A bientôt

Le Collectif des Faucheurs
Volontaires Rhône et Loire


 
 
 
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1 commentaire
  • Vive les semences libres !

    Petit survol de l’AG des faucheurs à Grigny (69) 12-13-14 Juillet 2008 vue d’Europe.

    Les faucheurs volontaires deviennent semeurs volontaires, les gars du RSP pleurent de joie, la reconnaissance de leurs efforts depuis si longtemps pour sensibiliser le grand public risque de monter d’un cran avec la médiatisation autour de José. Guy Kastler avait fait grève de la faim avec quelques autres plusieurs mois avant celle de José, il aurait pu "mourir la bouche ouverte" que les médias ne s’en étaient même pas intéressés ou si peu. On en est réduit à cela : la médiatisation. Même si cela fait parti des moyens de dénoncer la fumisterie, la place des faucheurs n’est pas dans un tribunal, ni à jouer ce jeu du chat et de la souris avec les "procédures", ni à faire des échantillonnages pour montrer ce que tout le monde sait. Le débat et l’abomination du brevetage du vivant doit être une fois pour toute sanctionné et mis sur la place publique.

    Catalogue officiel dévié , COV autre forme de brevetage, OGM clandestins, nouveaux OGM… S’informer sur :
    www.semencespaysannes.org

    Compte-rendu ateliers : Ne pas opposer les fauchages de nuit et les fauchages de jour complémentaires
    Le compte sans gène est pour les indemnisations
    Les collectifs locaux s’occupent des frais de justice
    Il y a encore des essais expérimentaux, essais commerciaux en plein champs, on revient dix ans en arrière ! alors il y aura encore des fauchages… des silos contaminés dénoncés…
    Le pollen, comme la cupidité et le scientisme, n’a pas de limite.

    Magalie prend la parole, elle est convoquée au tribunal de Bordeaux, décrite dans le rapport de police comme "grande jeune femme" (1,90m minimum) "aux cheveux crépus" ( pour ne pas dire qu’elle est noire) nous nous étions noirs de rire (elle un peu moins) qui s’est interposée avec un collègue beaucoup plus blanc qu’elle et qui lui n’a pas été inculpé, contre une interpellation d’un père de famille (qui n’avait rien à voir avec la manifestation de soutien) sous les yeux de son enfant. Elle aurait blessé plusieurs policiers d’un seul coup de hanche. (rire dans l’assemblée). Finalement relaxée quatre jours plus tard grâce au ridicule des faits reprochés et surtout grâce à la forte mobilisation générale. C’est le côté blé rouge de Bordeaux (sans copyright) du collectif et il ne faut pas avoir peur des mots ; Magalie est belle et bien noire comme la tomate noire de Crimée (sans copyright itou).

    Ensuite, les faucheurs européens ont la parole, ils sont disposés en demi-cercle au milieu du cercle de l’assemblée, chacun se lève et est venu exposer ses moyens de lutte, en couple ou plus, ils ont tous une histoire particulière, riche d’enseignement. Quelques interventions bien gravées :

    -  Commence l’ami espagnol, l’Espagne est la plus contaminée avec plusieurs milliers d’hectares. Venant de Catalogne, il affirme modestement que son groupe a organisé le fauchage d’une petite parcelle. Mais vu le tonnerre d’applaudissements qui s’ensuivi, cela rappela que ce n’est pas le nombre qui fait la valeur. Puis il continua son exposé.
    -  L’ami anglais exposa la façon efficace d’accentuer les fauchages des essais commerciaux ou expérimentaux et que cela leur avait évité d’être complètement envahi de champs OGM. 
    -  L’ami suisse raconte son combat personnel (qui lui vaut d’être maintenant élu !), paysan, il a commencé à se battre contre les hormones bovines et par la même logique, en était venu à la lutte anti-OGM. Avec son groupe il a réussi à organiser plusieurs débats contradictoires inédits avec les scientifiques, des paysans, des élus et le public. Il affirme que ce moyen de lutte est efficace.
    -  L’ami allemand commence par cette phrase : " Aujourd’hui la résistance allemande rejoint la résistance française" (tonnerre d’applaudissement). Avant de faire son exposé et de passer la parole à sa collègue, il ajoute que n’ayant pas de champs à faucher en Allemagne, il lance l’idée que tous les faucheurs d’Europe doivent s’organiser et par exemple d’aller faucher ensemble en Espagne, la plus contaminée (hourra dans la foule).
    -  Une autre plus jeune amie allemande annonce modestement qu’elle est actuellement poursuivie en justice pour avoir "neutralisée" des essais OGM en laboratoire. (applaudissement bis) Mais comment dit on "couillu" en allemand ? En Espagnol ? En polonais ? Sachant qu’en anglais c’est big bulloch ( prononcez bigue beuloque).
    -  L’ami polonais, avant d’exposer la situation dans son pays nous décrit avec ce mot : passion. Hé oui, rien d’important ne se fait sans passion !

    José en concluant évoque une marche sur Bruxelles, mais Bruxelles comme Strasbourg ne représente rien pour nous. Cette Europe là est vide et froide comme l’argent, Les grands imbéciles ont voulu réunir les européens par l’argent. Sa base est pourrie. Bruxelles, comme Strasbourg, Le Sénat, L’Assemblée, les organisations onusiennes ne seront crédibles que lorsqu’ils se seront débarrassés des lobbies qui trainent dans leurs couloirs à grand coup de pied au derrière. Un ministre de l’agriculture qui autorise un pesticide revient ni plus ni moins qu’à donner une autorisation de meurtre.

    Une Europe qui balance des bombes à uranium appauvri sur la population, une Europe pro-nucléaire, une Europe qui s’entoure de mirador et de camps de concentration pour ne pas que le tiers monde qu’elle a pillée ne vienne mourir à ses pieds. Ce n’est vraiment pas cela que nous voulons.
    L’Europe que nous voulons, nous l’avions devant nous ce jour là, dans ce demi-cercle humain, il manquait les italiens et bien d’autres, ils viendront aussi, ils ont le cœur pour cela. L’Europe que nous voulons , c’est une Europe qui résiste. L’Europe est irlandaise ; elle est verte, modeste et citoyenne . Et il n’y a même pas besoin de rajouter le mot solidaire car le mot citoyenne résume tout.
    D’ailleurs faut-il construire une Europe si sa base ou son mobile est purement et strictement financier ?. Assez de protectionnisme déguisé, des aides déviés, des accords bidon, il n’y a que la souveraineté alimentaire et la lutte contre le brevetage du vivant qui vaillent la peine de mener au nord encore moins qu’au sud.
    Un produit qui fait quatre fois le tour de la terre avant d’arriver dans l’assiette est aussi aberrant s’il fait des allers et venues dans l’enclos européen, réserve de nantis, pour le même résultat. Il n’y pas de proportion à la bêtise.
    Ils ont voulu faire compétition aux US, c’est la grenouille qui veut se faire plus gros que le bœuf aux hormones. Et elle ne veut pas voir que le bœuf est en train d’imploser.

    Afin d’en remettre une couche, un des jeunes animateurs refait un sondage à main levée, pour traverser les Pyrénées, pour une internationale des faucheurs volontaires : une forêt se lève. "La reforestation sera le signe et l’œuvre de l’authentique civilisation." (Jean Pain).
    Puisque nous sommes "condamnés" à faire des actes symboliques, celui-ci est le plus fort qui soit. L’ami espagnol rougit un peu, il sait que nous n’attendons qu’un signe de lui et que nous adorerons faire cette folie. Rien d’important ne se fait sans passion. Tous en Espagne !

    Les hommes reviendront à la terre
    Les petits paysans assureront la pérennité de l’humanité, alors pourquoi favoriser leur disparition ? pourquoi détruire leur environnement ?

    On boit leurs paroles, incroyable de lyrisme et simplicité :
    Avec un charisme à peine voilé dans "le pollen de la discorde" :
    Jean Pierre Berlan :
    -  "avec l’industrie (standardisation, homogénéisation, normalisation…), on cultive des clones et non plus des variétés, il y a tromperie, on remplace la diversité par un modèle unique."
    -  Vient ensuite la question de la propriété :" l’enjeu est le contrôle du vivant, on peut faire valoir un droit de propriété" (COV ("certificat d’obtention végétale" sic) ou autre brevetage déguisé) "sur un clone et non pas sur une variété. "

    -  "Le but actuel de notre société est de séparer la production de la reproduction".

    -  "Voyez-vous, dans une société marchande, rien n’est plus injuste que le fait que des êtres vivants ; plantes, animaux…se reproduisent et se multiplient (et je tremble en le disant) gratuitement. (un temps) : C’est l’horreur absolue , (insistant et pesant) : La gratuité."
    -  " il y a contradiction entre profit et la vie "

    Le paysan philosophe ; mi homme de terre mi homme de lettre, dans "les blés d’or" avec simplicité et clairvoyance :

    -  "il faut accepter que les gens ne pensent pas comme soi, mais l’agriculture est l’art de savoir cultiver la terre pour nourrir les hommes et non pas de "l’exploitation agricole".

    -  l’homme devient ce qu’il mange, et ce qu’il mange c’est la terre qui le produit, et la résolution de notre monde devra passer par l’équilibre du sol, de notre terre, et tant que l’humanité ne l’aura pas compris, on ira chercher bien loin ce qui est tout près ; la terre est basse et il faut plier le genoux, l’homme doit acquérir une certaine humilité pour comprendre cela.
    -  On croit maîtriser la connaissance, alors que l’homme doit accepter à chaque instant de se remettre en cause : et savoir si ce que l’on fait le jour même, est ce que cela va faire évoluer ou involuer les générations futures ? , les dominer ou les faire grandir ?, c’est là qu’est la clef. Car la terre est la meilleur nourricière des hommes, des plantes, des animaux, c’est très simple. "

    Il est grand temps de réintégrer la notion de gratuité.

    Tous en Espagne, Une internationale des faucheurs passera les Pyrénées.
    Magalie FleurdeVanille portera l’étendard.
    Rien d’important ne se fait sans passion.
    " Citoyens du monde sensible , Camarades !, Compañeros ! (plus fort) Compañeros ! "
    " Vive les semences libres !"

 
 
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