{id_article}
 

La France sous les ponts

1945, De Gaulle et le Conseil National de la Résistance décident un programme social qui assure « la possibilité d’une vie pleinement humaine » pour tous les Français.
Hiver 1954 : l’abbé Pierre sensibilise tout le pays aux morts injustes des sans-abri.

Hiver 2007 : Les « Don Quichotte » réussissent à profiter de la période électorale pour débloquer des logements pour les sans abri.

Manoeuvre politique pour les uns, combat avorté pour les autres, les tentes des Don Quichotte auront toutefois permis à un certain nombre de SDF de retrouver un toit. Quand on lui demande comment il a été possible de débloquer autant d’argent pour le logement, Marine, coordinatrice des Don Quichotte à Lyon répond simplement « il suffit de décider de mettre cet argent dans des appartements plutôt que dans un porte-avion ! ». Marine a une vision simple des choses que l’on pensent compliquées. Et elle a forcément raison. Question de bon sens.

Mais ce combat se termine par des promesses gouvernementales. Comme de coutume. Et comme de coutume, il y a fort à parier que l’honnêteté et la sincérité du combat de ces militants de base seront abusées par les manoeuvres retorses des politiques.

Mais la question reste posée : si l’on a eu les moyens de reloger ces premiers sans abri, comment se fait-il que nous ne les eussions pas eu auparavant ? L’aide financière débloquée cette année met l’accent sur l’attitude criminelle de nos gouvernants qui ont laissé jusqu’ici nombre de sans-abri crever de faim et de froid. Nous avions les moyens et pourtant nous n’avons rien fait ! Comment se fait-il que l’abbé Pierre fût l’homme le plus aimé des Français et que toutes les décisions politiques soient toujours allées à l’encontre de son discours ?

L’heure n’est plus aux « clochards » que l’on peut stigmatiser . Il est possible aujourd’hui d’être agent des impôts et ne pas avoir assez pour dormir ailleurs que dans sa voiture. Il est possible d’habiter à 6 ou 10 dans un 3pièces. Il est possible d’être salarié et ne pas pouvoir louer autre chose qu’une caravane dans un camping. Aujourd’hui, des jeunes d’à peine 18 ans,sans toit ni loi, campent dans les rues de nos villes. Des jeunes...nos enfants.

Et pendant ce temps, Fenech et la majorité gouvernementale continuent leur train de vie sans se réveiller la nuit en pensant à ces tentes qu’ils se targuent pourtant d’avoir visitées ; et pendant ce temps, la Mairie de Paris Plage se félicite d’avoir enfin récupéré ses quais pour y déposer son sable fin immaculé, en effaçant soigneusement les traces de cette pauvreté qui fait fuir les touristes...

Moha


 
 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Fils de nouvelles RSS

Le monde d’après [tiré de Oulala le 24 juillet 2015]

Le commerce de la mort [tiré de Oulala le 24 juillet 2015]

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 1960

Thèmes